Carrouges !


"Des affaires dont on cause..." Cette dédicace de Carrouges permit de rencontrer quelques proches rânais non dénués d'informations.

Gerald Despres.


Un des cinq enfants de l'instituteur ayant mené la contre-enquête après-guerre, Gérald Despres est venu me rencontrer lors d'une séance de signatures à L'Aigle, confirmant que le dossier de son père est actuellement en de multiples mains, y compris à la mairie de Lougé. Ce dossier est à l'origine même de l'enquête locale reprise depuis dix ans dans la région de Rânes.

X.

Bonne d'Emile Buffon pendant la guerre, cette normande témoigne.

Jacqueline Buffon

Fille unique d'Emile Buffon, Jacqueline a quitté la Normandie pour d'autres horizons. Pour autant, cette affaire est intimement présente en elle.

Philippe de Noncin

Philippe de Noncin était un réfugié du STO chez Emile Buffon pendant la guerre.

La ferme de la Motte



La ferme de la Motte où résidaient et travaillaient les bouviers d'Emile Buffon, les de Baeremaeckere.

La laiterie de la Motte



La laiterie de la Motte où vivaient les Bachelier, Maria Syga et Magne.

La ferme de la Mancellière



La ferme où résidait Emile Buffon.

La génèse du chapitre : La terre de France buvait son propre sang.



Monsieur Damien Thierry, coordinateur sans qui ces chapitres rânais n'auraient jamais eu la même saveur, celle de la vérité. Son aide a été essentielle pour recueillir le fruit des diverses enquêtes, passées comme présentes. Journal de l'Orne du 27.11.08

FAITS NOUVEAUX


La carte postale de la ferme de la Motte, qui évoqua la jeunesse d'un témoin, une clef pour que ce témoin de l'époque accepte de se confier, prouvant ainsi la non-connaissance du dépôt de la Motte de la part d'Emile Buffon, avant la première descente de la Gestapo à la Motte.

"Dans le portefeuille retrouvé sur Emile Buffon, se trouvaient au moins trois billets de banque de cent francs, précieusement conservés par un proche. Sur chacun d'eux, la trace de la rafale de Sten, une déchirure de part en part, nette...

La valeur des armes parachutées au groupe de Rânes serait de vingt-sept millions de francs (montant actuel ?). Il existait une liste de ces armes, aujourd'hui perdue par le témoin.

Les armes du dépot de la ferme de la Motte n'ont pas été jetées dans les douves. Tout au moins n'étaient-elles pas dans l'étang lors du curage de ce dernier par le nouveau propriétaire du château vers l'an 2000... Par ailleurs, si certains pensent que ce dépôt a servi à l'achat de la laiterie de la Motte après-guerre ou à la réfection d'une ferme, d'autres subodorent que ce dépôt a pu servir à Foccart pour initier son commerce d'armes. On ne prête qu'aux riches ? Une certitude, il n'a jamais servi à la Résistance selon le commandant FFI de l'Orne, Mazeline.

Georges Buffon n'aurait pas été à Nice mais à Rouen selon les propos de la veuve d'Emile Buffon.

Marie SYGA, la jeune bonne polonaise de Bachelier à la laiterie de la Motte, témoignait de ripailles dans les salles de réception entre des officiers allemands et les locataires de la laiterie, les Bachelier. Les parents de Marie étaient alors bouviers à Joué-du-Plain. Comme le témoin aperçoit un décalage d'une dizaine de centimètres entre le mur et une armoire, à la fromagerie de la Motte où celle-ci lui compte fleurette, Maria Syga montre deux sten cachées dans cet espace. Ce que saura taire le témoin.

Bachelier devenu maire après l'assassinat d'Emile Buffon demanda une forte somme d'argent à un réfractaire du STO pour lui faire de faux-papiers et que le jeune ne put réunir.

En juin 1945, à la première permission du témoin de retour dans l'Orne, Bachelier a fait une fausse attestation à un habitant de Joué, selon laquelle ce dernier appartenait à son groupe de résistance, attestation qui ne lui sera d'aucune utilité puisque non reconnue par le ministère. Cette attestation est un papier manuscrit d'un format 10 par 15 environ, sur lequel est apposé le tampon de la mairie de Joué-du-Plain.

Le grand blond au regard bleu, haut d'au moins un mètre soixante dix, est vu vers le 15 juillet à la laiterie. Est-ce Magne ?

Jamais aucun gendarme n'est venu à la Harlière interroger les six habitants du hameau le plus proche du lieu du crime, contrairement aux Martin, tout aussi proches, qui ont été interrogé. Un homme de la Harlière, Eugène, était l'homme de confiance du maire assassiné. Ceci expliquerait-il cela ? Pourtant, l'homme, "trouillard", se serait sans doute ferré dans son mutisme... Pourtant, les tueurs ont tiré depuis une des cahutes que le cantonnier Eugène K. essaimait sur les routes de la commune.

Le 16 juin, Marcel Lecellier, habitant de la Harlière qui débinait des betteraves, rencontre un autre témoin. Tous deux se font face, discutant de choses et d'autres quand ils vient passer René Buffon à vélo descendre en direction de la Motte. Peu après, ils entendent un coup de feu, sans doute un signal selon un témoignage.
- " Vaut mieux qu'on se rentre, les Allemands ont une boulangerie à la Motte !"
Rentrant au proche hameau, ils entendent un cri dont ils ne peuvent qualifier la nature, celui du maire, puis tout de suite une rafale. Ce qui confirme le rapport de gendarmerie et non des balles selon Pierre Péan. Aussitôt, ils courent se terrer chez eux.

L'aspect bocager d'alors ne permettait pas de voir aussi facilement qu'aujourd'hui les hameaux en contre-bas depuis la route.
Les Allemands allaient et venaient se ravitailler au Metz.

Le parisien Philippe de Noncin, résidant à Paris 9ème après guerre, est un réfractaire au STO hébergé à la Mancellière. Il sera le petit ami de Marie Syga après un témoin.

Jeanne Grignon née Buffon (1920-1955) a rendu de grands services à la Résistance.

La veuve d'Emile Buffon était bien au courant des menaces qui pesaient sur son mari, bien que lui-même ne les divulguait à son épouse. En effet, les commis se levant avant leur patron découvraient les petits cercueils et autres têtes de mort et les signalaient à leur patronne.

Les Allemands allaient et venaient au Metz pour se ravitailler. Ce manège était plus visible en hiver qu'en été, en raison du bocage environnant.

Pour l'anecdote, le petit-fils d'un des témoins, aujourd'hui chargé de sécurité à l'Elysée, est un fervent gaulliste, ce qui amuse affectueusement son grand-père, fervent SFIO."

"Au retour du domicile de la veuve d'Emile Buffon, Magne aurait déclaré : "Si elle avait su que j'ai tué son mari, jamais elle ne m'aurait servi de café"."

" François Van Aerden allait téléphoner au café X de Lougé-sur-Maire. Question : pourquoi aller ainsi à Lougé téléphoner alors qu'un poste était chez le coiffeur de Rânes, à deux pas de son domicile ?"

"Selon un témoignage, l'affaire de la Barbotais ( une tuerie sauvage à Lougé où sept personnes sont retrouvées assassinées, jusqu'au chien de la ferme. ) aurait été initiée par la Gestapo. Un soldat déserteur de la Gestapo se serait procuré des vêtements civils auprès de cette famille. Il aurait été rattrapé par les siens qui seraient venus se venger des habitants de la ferme. "

"Après sa démobilisation en juin 1946, le témoin retourne travailler avec son frère. Un matin de juillet 1949, lors de la fenaison, la carriole d'un proche de la Mancellière a failli sauter sur une mine sur un chemin menant à une pièce de terre. Par bonheur, X aperçoit l'engin. Ils le font exploser ? Marie-Thérèse. La veille au soir, ils avaient emprunté ce même chemin. De fait, cet engin avait été posé dans la nuit. "Qui en est le responsable " s'interroge le témoin, "mystère" répond-il en gardant pour lui ses suppositions. En raison de cet incident, le couple et son jeune fils ont quitté la région pour plusieurs décennies.
Question : le début de l'enquête rouennaise sur François Van Aerden serait-elle concommitante ?"

"Dans les années cinquante, J.B aurait volontairement incendié sa propre maison. Un jour, un artisan se rend chez lui en son absence en vue de faire des travaux,et là découvrent des papiers répandus partout. Le lendemain, le village apprend l'incendie de la maison. Question annexe :quel motif à cela ?"

"Le soir du 8 novembre 1942, "le jour du débarquement américain", Emile Buffon se rend chez E. K., un voisin de trente-sept ans avec lequel il commerce. " Je viens pour le jeune homme" dit-il à l'éleveur. Il lui demande de faire sortir son jeune frère de dix-sept ans, son cadet de vingt ans, R, pour discuter ensemble. Marchand de bestiaux livrant de la viande aux Allemands, comme deux autres maquignons réquisitionnés, Emile Buffon se rend toute les quinzaines à la Kommandantur de X pour se faire payer. Là, il vient de voir un avis de recherche concernant le jeune René, réfractaire au S.T.O. L'intitulé de l'avis est curieux : il est stipulé que l'homme résiderait "là où on dort" (en allemand), une transcription approximative d'Ecouché !
Aussitôt, le jeune fait ses valises et part avec son frère à tanques voir Charpy pour se cacher en forêt d'Ecouves.
En fait, en Alsace, les Allemands le recherchant en Alsace, sont venus chez ses parents, boulangers à Schneighouse-sur-Moder, un village proche de Guebwiller. En interrogeant ses parents, sa mère finit par craquer. "Je sais qu'il est en Normandie". Et de livrer le nom en Allemand de "l'endroit où on dort"... Il l'apprendra seulement lorsqu'il les reverra le 6 février 1945, le jour même de ses vingt ans, grâce à une brève permission accordée pour l'occasion, entre l'attaque de la poche de Colmar et le franchissement du Rhin à la nage...

Pour l'heure en forêt d'Ecouves, il va à Saint-Yvière, caché dans une des fermes de monsieur Charpy jusqu'au 8 au 9 juin 1944, date à laquelle il rentre au domicile de son frère. Là, entendant les bombardements côtiers se rapprocher, ils creusent une tranchée dans un herbage à proximité du hameau. Pour l'heure, pendant plusieurs mois, dans cette pièce, il dort avec un dénommé Hervé dans un lit commun, faisant face à un autre lit où dorment deux autres personnes. Lui et son compagnon d'infortune se méfient l'un de l'autre. Un jour , QUAND ? les Allemands débarquent à la ferme. Mais ils ne les trouvent pas. ces derniers ne pensent pas à fouiller dans un amas de souches d'arbre dans lequel ils restent trois jours entiers, discrètement prévenu de la proximité allemande par un furtif passage du couple de bouviers de Charpy X. Dès lors, sortant de leur cache précaire, il passera le reste de sa cavale en forêt, dormant enveloppé dans des sacs de pomme de terre. Plus tard, le témoin saura que celui qui se faisait appeler Hervé et prétendait être de Morlaix se prénommer Jean, Jean Laurent, un instituteur de Boucé fusillé aux Riaux. Depuis, le témoin va se recueillir au monument des Riaux, mais en dehors des commémorations.

Après la Libération, le témoin se rend à Argentan où il contacte un officier qui l'autorise à suivre l'armée habillée en militaire avant de s'engager comme parachutiste dans la première armée.

LA BARBOTIERE.
" J'appris le crime de la famille Duffay au village de la Barbotière dans la commune de Saint-Brice-sur-Rânes où sept cadavres étaient enveloppés dans des draps et mis dans une fosse commune derrière un bâtiment. Cela s'est passé dans la nuit du 17 au 18 août, à quinze cent mètres (de mon domicile). Ils avaient déjà été victimes d'agression dans l'été et la fille avait reconnu l'un d'eux. Il lui avait dit : "On reviendra.". Ce sont les mêmes personnages qui ont fait le coup. Plus tard, les enquêtes n'ont jamais aboutis car les témoins sur cette affaire et d'autres du m^me genre ne se prononcez pas à cause de ces dangereux personnages, craignant des représailles". Tel est le témoignage écrit de Paul Plessis (8 mars 1906-janvier 2006) qui dans les lignes suivantes évoque la disparition de Van Aerden. L'homme poursuit en indiquant avoir appris que "la fille Dufay a été égorgée au couteau". "Cela renforce la rumeur du moment que le meurtre était commandité par un groupe de terroristes dont le chef était de Saint-Brice, car aussitôt , ce garçon a quitté sa famille et n'est jamais reparu au pays".
Dans le journal de l'Orne du 10 mars 1995, ce même Paul Plessis écrit à la rubrique de Frère Terrier : "J'ai lu que Foccard avait sorti un livre sur ses mémoires. Je conseillerai aux lecteurs, avant, de lire un livre qui est sorti peu d'années auparavant en librairie, écrit par Péan. (...)Il y est écrit tous les faits de cet étrange personnage que j'ai bien connu (...). Il a encore un ancien lieutenant en retraite à Rânes qui a peu d'amis ! Après la guerre, deux enquêtes furent effectuées sans résultat...".
"Victor Barocielli, boucher parisien de Seine-et-Marne (Nogent-sur-Marne), était caché chez Huet( descendance :Pintrand), boucher à Lougé-sur-Maire pendant la guerre. C'est ce Victor dont Céline Dufay, la "vieille fille" de la maison égorgée mi-août, avait arraché le masque, le reconnaissant lors d'une attaque dans le courant de l'été 1944.
Mademoiselle Bosa, épouse Renault, employée à Paris, venait au ravitaillement à Lougé et emportait du ravitaillement aux parents de Bariocelli."


"Deux ans après les faits, au moment où se jugeait le massacre d'Oradour-sur-Glane VERIFIER, un alsacien vint à moto à Lougé expliquer les raisons pour lesquelles le drame de la Barbotière avait eu lieu. Selon cet inconnu, la famille avait été tuée par des soldats allemands, en représaille contre lui, alors déserteur de l'armée allemande auquel les Duffay avait donné des vêtements civils. Lui-même se serait extirpé des griffes de ces hommes à sa recherche. Evadé ? Mystère..."

L'avion mystérieux Madame G s'en souvient très bien.

"Renée Buffon était aussi appelée Yvonne, son deuxième prénom.
Alors, la soeur de Jeanne Buffon était la petite amie de Ba. Proximité familiale du groupe."

Emile Buffon a été visé à six mètre cinquante de la cahute, selon le croquis de la brigade d'Ecouché en date du 17 juin. Des traces de gouttes de sang montre que le pauvre Emile a parcouru trois mètres avant de s'écrouler. Il repose perpendiculairement à la route à l'arrivée des gendarmes.

SIDERAL
René Buffon démentant les accusations de Péan selon lesquels il serait le tueur de son oncle déclare en 2005 que le tueur serait Sidéral (cf Stéphane Robine), guidé par un membre du groupe, Bachelier. De fait, le rapport balistique infirme le mode opératoire évoqué par Pierre Péan. René Buffon indique ne pas connaitre l'identité de cet agent. Ce serait un dénommé Yves Lebigre dit Yves Le Fur !!!(selon L.S) Avec deux autres agents venus de Londres, il a été parachuté dans la nuit du 22 au 23 mai en Seine-et-Marne. De fait, la découverte du dépôt n'a pu que lui être rapportée.
De ce fait, si cet agent Sidéral n'est pas le dénommé Magne, la déclaration de René Buffon s'oppose à l'affirmation de Jules Christophe qui écrit que le tueur se nomme Magne, un homme réfugié à la fromagerie de la Motte.

" Après lecture du livre, une témoin de la ferme de la Motte qui a contribué à innocenter Emile Buffon de l'accusation de dénonciation a affirmé que c'était la sricte vérité, que ce chapitre était le reflet exact de la réalité.

Selon un témoin ayant eu une altercation avec un dénommé P. d'Ecouché, ce dernier(reçu à Luzarches chez Foccart) est irrité que, selon lui, "le livre salisse la mémoire de Foccart". Je devrai le voir samedi matin à la dédicace de Carrouges. Ambiance !

Jules Christophe, qui a écrit sa fameuse phrase accusant Magne sur le livre de Foccart devant Besnard, un élève de l'instituteur Despres, relatait le fait suivant : Les de baeremaeckere ayant une bête malade demandèrent à Magne de se rendre à la Mancellière avertir leur patronne, madame Emile Buffon. Cette dernière lui servit un café. "Si elle avait su que j'avais tué son mari, jamais elle ne m'aurait servi du café!" confiera-t-il au retour à Jules Christophe.

" Certains confondaient l'honneur de la France et leur intérêt personnel. Ainsi, je suis convaincu que l'exécution d'un notable n'a pas été un fait de résistance mais une vengeance liée à une haine personnelle" André Sassier, dans Ecouché dans la tourmente de Gérard Delozier, 2007. dans le même livre : "A Joué-du-plain, on sabota une ligne téléphonique, une première fois, puis une deuxième. Les occupants rassemblèrent la population sur la place et déclarèrent que dorénavant, les requis à la surveillance devraient tenir le câble à la main et que si l'événement se reproduisait des otages seraient arrêtés sans retour et le village brûlé. Ce fut l'effroi. Louis Sassier."

Dans Les victimes civiles de l'Orne pendant la Bataille de normandie" (1994), les auteurs , Gérard Bourdin et Bernard garnier écrivent que le 17 août 1944, à Saint-Brcie-sous-Rânes, sont décimés une famille de cultivateurs, leur ouvrier agricole et sa mère". Précédée par "Les combats autour d'Ecouché sont toujours aussi intenses.", cela laisse entendre que ces victimes sont des victimes de guerre de la bataille de l'Orne. La question est de savoir s'ils font partie des 82 victimes civiles de la Libération ornaise (12-24 août), de ces personnes non résistantes victimes de l'énervement ennemi somme toute ?
Les six victimes sont Henry et Octavie Augustine Dufay née Delacour, l'un né à Saint-Brice-sous-Rânes en février 1877 , la seconde née à Saint-Marc-d'Ouilly en novembre 1872. Leur fille Marie Céline, née le premier avril 1899 à Montreuil-au-Houlme, est aussi victime, tout comme deux habitantes de Lougé-sur-Maire, Maria Dal Santo, née Vellar, et sa fille Iris Dal santo, nées toutes deux à Roana, une bourgade montagneuse de l'Italie du Nord, l'une en octobre 1898 et l'autre le 28 août 1927. La dernière victime est le jeune XX, un jeune commis de ferme tout juste sorti de sa scolarité en juin dernier.
Si la fille célibataire du couple Dufay est égorgée, les cinq autres auraient été tués d'une rafale de mitraillette. Sans parler du chien de ferme, abattu lui aussi.

Que s'est-il passé dans la nuit du 17 au 18 août 1944 dans cette ferme de Saint-Brice-sur-Rânes? Cet assassinat collectif tourmente encore quelques octogénaires de ce canton d'Ecouché qui demeurent pour le moins dubitatifs sur la version courant dans le pays. A Ecouché, chef-lieu de canton meurtri par les bombardements et dont le nom de sept rues fige la geste résistante, cet assassinat hante ces mémoires.

Pour quelles raisons des allemands en déroute auraient pris soin d'envelopper les corps dans des draps et de les disposer ensuite dans un fossé derrière les batiments? On imagine mal des nazis aux abois prendre de tels précautions.

Un fait est aussi à rappocher de cette exécution collective. Déjà, dans le courant de l'été, la famille Dufay avait été victime d'une agression au cours de laquelle la fille Dufay avait arraché le masque d'un de leur agresseur, découvrant un voisin de Lougé-sur-Maire qui les aurait menacé d'un "On reviendra"... Cet homme, un dénommé Victor B. ( un nom à consonnance italienne),alors commis boucher à la boucherie Huet de Lougé-sur-maire, est un réfugié originaire de Nogent-sur-Marne. La tentative d'agression avortée, le groupe regagna Saint-Brice-sous-Rânes. "Fernand Peigney, un BRICOIS résidant à la pelleterie, avait vu l'équipe, ainsi que le cantonnier de Saint-Brice-sous-Rânes, Emmanuel Amiard (qu'ils ont tué le XXX)."S

Absentes ce vendredi 18 août, deux autres filles Dufay ont échappées au massacre, Madame Ménard née Dufay, de Saint-Pierre-sur-Dives et Madame Morin, née Dufay, d'Habloville. ( Un fils Ménard à Chambois)

Longtemps, les douilles de la rafale de mitraillette restèrent logées dnas les murs de la ferme.
Que faisaient ces italiennes originaires de la montagne de Vénétie ? Il semblerait qu'elle soit venue rendre visite à leurs voisins Dufay la veille au soir. De fait, l'exécution aurait eu lieu le jeudi soir.


"Marius Gandoni était boucher chez Verrier"LS

Jean Laurent, né en septembre 1920 à Crozon, instituteur à Boucé, résidant à Saint-Sauveur de Carrouges.

Jean Mazeline, chef départemental du BOA de la Sarthe de novembre 43 à janvier 44, arrêté le 27 juillet 44 et exécuté à L'Hôme-Chamadot le 9 août. puis maquisard en forêt d'Ecouves sous les ordres de son frère.
En juin 1944, Edouard Paysant, ancien chef du BOA de l'Orne, devenu chef du BOA pour le bloc Bretagne, est retrouvé mort à Pontivy.
Le 28 juin 1944, huit soldats de l'ombre du maquis de Francheville, dont jean Laurent, sont faits prisonniers et fusillés à la ferme des Riaux à Boucé.
Selon Daniel Desmeulles, l'Armée secrète compte 1500 membres dans l'Orne prêts à s'engager dans le combat. Forte de 300 membres, cette résistance ornaise a pour mission d'appliquer sur son territoire les plans Electro, Vert et Tortue.


Madame Emile Buffon et SES enfants ???

Les BAEREMAECKER

Le couple de bouviers qui ont découvert Emile Buffon assassiné sur la route de la Motte à la Mancelière.

André MOIZO.



Le gangster ornais André MOIZO de Résenlieu, condamné à mort dans le cadre de l'affaire de la bande à MOIZO, aurait été entendu par le SRPJ de Rouen vers 1953 comme étant possiblement impliqué dans celle de l'assassinat de François Van Aerden, tout comme son complice Roger LEQUET...
Question : que faisait cet homme le 16 juin 1944, lui dont les attaques à mains armées débutent le premier juillet suivant ? Lui qui connaît aussi Jean BUFFON, neveu d'Emile Buffon, pour commettre avec lui la dernière des douze attaques à main armée qui les mèneront aux Assises ? Lui dont l'enquête de la police judiciaire rouennaise subodore aussi la participation à l'assassinat de François VAN AERDEN ?

La lettre des parents de Fabienne Lévy à Emile Buffon.



Cliquez sur la photographie pour l'agrandir. Elle témoigne de la gratitude des parents de Fabienne envers le couple Buffon. David Lévy, un médecin parisien né à Tunis le 1er novembre 1895, et Anis Lévy née Surgarzon, née le 19 janvier 1900 à Londres et naturalisée française, résidaient alors au 11 rue d'Abbeville à Paris (10ème).

C'est au péril de leurs vies qu'Emile Buffon et son épouse dissimulèrent plusieurs mois la jeune Fabienne Lévy (née le 3 février 1933 à Paris) à son domicile de la Mancelière à Joué-du-Plain, sous l'occupation. Fille d'un médecin parisien interdit d'exercer sa profession, elle partit malheureusement de Drancy le 23 juin 1943 (convoi n°55) pour les camps de concentration dont elle ne revint jamais.

Sans aucun doute, pour ce fait passible de la déportation, Emile Buffon aurait mérité de devenir Juste des nations à l'image des seize ornais honorés de ce titre.

Contact de l'auteur.

miniacreation@yahoo.fr

MAGNE, le mystérieux exécutant.


Photographie de Katia Guillochin pour Le journal de l'Orne. Au premier rang de gauche à droite, messieurs Gabriel Ramier, anonyme, Daniel Baeremaeckere et Louis Sassier, au second rang à droite, monsieur Hubert Christophe, conseiller général et maire de joué-du-Plain.


Dans un des récits des Grandes affaires criminelles de l'Orne, La terre de France buvait son propre sang, la révélation du nom de Magne comme le tueur du maire judépéen Emile Buffon le 16 juin 1944 garde un gout d’inachevé, les informations sur cet homme demeurant par trop parcimonieuses.

Dès lors, questionnons-nous sur sa véritable identité.

Cet homme aurait été dans la police judiciaire avant et après-guerre, peut-être dans la brigade mondaine tout comme G. B. vers 1935. Les deux hommes se seraient-ils rencontrés au 36, quai des orfèvres dès cette époque ?
Ajoutons à cela que l'homme pourrait être un blond aux yeux bleus, assez grand, plus d'un mètre soixante-dix, né vers 1900-1915, vu le 15 juillet encore à la Motte...

De fait, son identification ne sera-t-elle possible qu'à l'ouverture des archives des services secrets français ? Lançons une bouteille à la mer ... Qui sait ?..

Depuis, une récente information donne un nom à l'agent Sidéral, Jean Lebigre, dit Jean Le Fur... A confirmer. Y aurait-il d'une part un agent de la France Libre, Lebigre, et d'autre part, un véritable tueur nommé Magne ?

Notons par objectivité que la veuve d'Emile Buffon aurait pensé que son époux avait été assassiné par un prisonnier rouennais à qui G.B., un temps dans la police à Rouen, aurait promis un élargissement en échange de ce service si particulier... Question : Moizo ou Lequet étaient en mai juin 1944 ? Les exactions les menant aux Assises débute au premier juillet 1944. Question : Depuis combien de temps, G. B. avait-il abandonné un poste dans la police ?

Pour l'heure, laissons Emile Buffon dormir à l’ombre de l’église Saint-Gervais et Saint-Protais.

Bienvenue



Photographie de Jean-Marie Godard.

Bienvenue à tous sur ce site consacré à l'affaire Emile Buffon, qui se veut un trait d'union pour tous ceux qui ont à coeur de travailler à sa résolution, tout au moins d'en tutoyer la vérité. Bienvenue dans la "famille" selon le mot d'un témoin.

La photographie ci-dessus, prise par Jean-Marie Godard au cours de la présentation du livre "Les grandes affaires criminelles de l'Orne" à Vieux-Pont le jeudi 20 novembre 2008, présente une grande partie du groupe de personnes ayant oeuvré à la révélation de cette affaire, trois courageux témoins directs de l'affaire ainsi qu'un témoin indirect, fils d'un acteur de cet affaire dont une pièce écrite a permis de révéler le nom du tueur dans ce livre, soixante-quatre ans après les faits. D'autres, par discrétion, voire par impossibilité physique, n'ont pu être des notres.
Nous parlons de courage pour ces témoignages. Deux anecdotes pour comprendre l'atmosphère qui entoure cette affaire encore aujourd'hui, le courage des témoins et la peur qu'un des acteurs rânais de l'affaire véhicule encore : avant de partir à la réunion, l'un des témoins avait demandé à un proche de téléphoner à la police si jamais il n'était pas rentré à vingt heures. Comme celle-ci s'éternisait, il téléphona pour rassurer ce proche... Pourtant, à Rânes, cet acteur avait essuyé un envoi de boue lors d'une soirée publique consacrée à la Seconde guerre. Autre anecdote : toujours par peur de cet acteur, un proche de la victime a depuis coupé les ponts avec l'un des enquêteurs, allant jusqu'à changer de téléphone et déménager...

L'affaire, qui fait l'objet d'un chapitre de ce livre chez de Borée, devrait s'étoffer prochainement, ce blog se faisant l'écho de nouveaux témoignages, avec l'accord de ces divers témoins. Sans cet accord, les informations resteront dans le seul cercle des informateurs. D'ores et déjà, au cours de cette réunion vipontoise, un autre témoignage est venu confirmé l'identité du "tueur".

Un dernier mot, à destination des esprits chagrins, ce blog est résolument apolitique et n'entend nullement être un dénigrement de la Résistance ou participer d'une quelconque tentative de réhabilitation d'une lâcheté idéologique. Il désire faire la lumière sur cette affaire en s'éloignant de ce contexte historique qui depuis trop longtemps parasite la révélation des faits. A l'opposé de la mythologie, la vérité n'est d'aucun bord idéologique, d'aucune chapelle historique, elle est.